Sulawesi du 11/11 au 16/11

Mardi 11 novembre


Coloration des fils de soie de façon traditionnelle
Départ de Bira à 8 heures, direction Sengkang au bord du lac Tempe, 8 bonnes heures de route avec une moyenne de 30km/h. Les routes sont épouvantables, des trous partout...
Premier arrêt à Tanaberu, à quelques kms de Bira pour voir la constructions traditionnelle des bateaux indonésiens.
Puis longue longue route au milieu des plantations de riz, d'hévéas, des villages qui se succèdent, de la poussière...
Après un repas de nusi goreng (riz frit) vers 14 heures, nous reprenons la route pour 2 bonnes heures avant d'arriver à Sengkang.
Notre hôtel, le Pondok Eka est correct, il nous paraît formidable après le précédent, propre et suffisamment confortable même si la déco est plus que quelconque, tout va bien.
A 16h30, Tengneng notre chauffeur nous conduit à un embarcadère plus que rudimentaire sur le lac Tempe où nous montons sur une barque à moteur et nous voilà partis pour l'aventure au crépuscule.
La promenade est magnifique, beaucoup d'oiseaux, de maisons de pêcheurs flottantes et un coucher de soleil à faire palir de jalousie tous les poètes amateurs.
Nous montons à "bord" d'une maison flottante où l'on nous offre des bananes frites avec un thé et on ne se lasse pas d'admirer le paysage.
Notre batelier s'était absenté 10 mn selon lui, 1 heure selon nous, ce qui fait que nous repartons en pleine nuit sur ce lac et nous n'en menons pas large, le plus drôle c'est qu'en chemin, des poissons suicidaires se sont précipités en sautant à l'intérieur de notre embarcation, ils nous tapaient partout, je hurlais autant de rire que de frousse. Non, je ne suis pas mytho... c'est la vérité !
En attendant, notre batelier a eu son dîner gratos, pas besoin de pêcher, le poisson est venu tout seul.
Ledit batelier a de bons yeux car dans cette obscurité, il a bien retrouvé son chemin et évité tous les écueils.


Construction traditionnelle de bateaux









Le lac Tempe à Sengkang






Cuisine et pièce de vie d'une maison flottante
Petite pêche qui sèche au soleil


Toilettes écolos
Petite pêche qui sèche au soleil

Le pont ou la terrasse, au choix...









Mercredi 12 novembre

Séchage du genke,
gros clous de girofle qui sont mélangés
au tabac pour la fabrication des cigarettes
On quitte Sengkang pour 7 heures de trajet pour rejoindre Rantepao au pays Toraja où l'on passera 4  jours à l'hôtel Indra plus 1 jour logés dans une famille d'un village de montagne.
Trajet long, comme d'habitude. Arrêt pour voir le tissage traditionnel de la soie, puis les cultivateurs dans les rizières, un panorama de montagne, on goûte des salas, fruits à la peau de serpent au goût lointain de pomme acidulée.
On arrive enfin à Rantepao, au coeur du pays Toraja. Je vous parlerai demain de cette culture particulière à cette région car nous devons assister à une cérémonie de funérailles et j'attends de voir pour mieux en parler.
Notre hôtel est très correct quoique la chambre soit un peu petite, notre fenêtre donne sur la cour intérieure très joliment fleurie.
Les salaks à la peau de serpent (snake fruit)
et au goût acidulé
Nous faisons connaissance avec ce gros village, extrêmement touristique. Beaucoup de personnes ne viennent à Sulawesi que pour cette région. Les rues sont animées, et nous succombons à l'achat d'un couteau (plutôt un coutelas) traditionnel... je trouve que je parle beaucoup de tradition...
Ensuite un restaurant sympa, Cafe Eras où quelques jeunes guides jouent de la guitare et de la tablette...
Ils entament la discussion et nous parlent longuement des volcans en éruption.
L'ambiance est très agréable et le repas très correct pour environ 5 € par personne.
Sur cette bonne soirée, le retour à l'hôtel se résume à la rédaction de ce blog.

Tissage de la soie
Exemple de développement durable, ces fauteuils
sont fabriqués avec des vieux pneus
et le résultat n'est pas si mal que ça.



Travail dans les rizières



La porte qui délimite le pays Toraja



Ces musulmanes, parés pour le mariage d'amis,
nous ont fait un accueil chaleureux

Maison traditionnelle qui sert essentiellement aux réunions de famille,
lesquelles familles n'ont le droit ni de vendre, ni de racheter ces maisons qui ne sont construites que pour une famille



Cour intérieure de l'Indra Hotel

Salon de l'hôtel

La mosquée de Rantepao, aux avancées en forme
de cornes de buffle


Jeudi 13 novembre

Aujourd'hui nous allons assister à une cérémonie de funérailles Toraja, je présenterai sur cette page les photos qui peuvent être vues par tout le monde, je mettrai les photos des animaux, avant et après sacrifices,  sur une page toute seule afin que les âmes sensibles puissent les éviter.

Nous partons vers 8h30 avec Tengneng notre chauffeur et Josep, notre guide qui parle français, demain nous aurons un autre guide, Luter, qui parle anglais et qui nous accompagnera pour les randonnées et la visite des tombes et leurs sculptures pour compléter nos connaissances sur les coutumes de cette région.

Belle rencontre sur la route
qui nous conduit
à la cérémonie
Les Toraja sont à 100% chrétiens, majoritairement protestants.
Les funérailles font l'objet d'une cérémonie qui dure plusieurs jours et les invités sont très nombreux, la famille perçoit la venue des étrangers comme un honneur et les photos sont le témoignage de l'intérêt que l'on porte à cet événement. Il est d'usage de porter au moins un vêtement sombre, noir de préférence et d'apporter un cadeau à la famille, la plupart du temps des cigarettes, ce à quoi nous nous sommes soumis. Nous nous sommes installées un moment avec la famille de la défunte qui nous a offert thé, café et gâteaux traditionnels.
Caféier, de la fleur aux fruits
Les Toraja organisent 2 cérémonies funéraires, la première tout de suite après la mort mais la seconde, beaucoup plus importante prend beaucoup de temps à mettre en place car il faut réunir l'argent nécessaire pour les animaux du sacrifice, les habits de la cérémonie, faire venir les centaines d'invités d'un peu partout. En moyenne, cette seconde cérémonie intervient 1 an après la première, en attendant le mort reste dans la maison, embaumé, on peut d'ailleurs lui rendre visite et s'adresser à lui comme à un vivant.
L'âme des animaux doit suivre celle de leur maître ce qui explique l'importance des sacrifices, le moment de plus horrible de la cérémonie.

Quelques proches de la défunte, sous le corbillard
Le corbillard, qui ne sert qu'une fois,
couronne le chapiteau




 


Litanies et petits pas de danse, les habits de ces hommes sont fournis par la famille de la défunte

Ces femmes, habillées par la famille de la défunte, portent à boire à tous les invités, thé et café, les tasses sont cachées
par les tissus qui recouvrent le plateau
La personne en bleu au premier plan est la maîtresse de cérémonie des porteuses de boissons

Derrière l'homme qui mène le défilé, le premier petit fils
et la première petite fille de la défunte

Tous les membres de la famille sont en habits traditionnels


Les enfants interprètent un petit air 






Dans ce lieu, où les femmes sont placés à gauche et les hommes à droite, la famille va pénétrer et une distribution
de bétel aura lieu


Dans la cuisine, se préparent le riz et les boissons




La suite présente quelques photos de la randonnée qui a suivi la cérémonie où nous sommes restés près de 3 heures

Rizières en terrasses




Villages Toraja










Petite église



Pour nous remettre de nos émotions de la journée, les enfants de l'hôtel Indra nous ont fait la démonstration d'une petite danse apprise à l'école.



Ensuite, avant le dîner, passation des pouvoirs de guide entre Josep (ou Yosep) et Luter.

A gauche, Josep et à droite Luter

Vendredi 14 novembre


Notre nouveau guide Luter vient nous chercher avec notre chauffeur Tengneng vers 8h30 et nous partons pour une 2e journée de "franche rigolade" : visite de village traditionnel et très ancien, tombes avec effigies des morts, arbre à bébés, combats de buffles... mais en réalité, tout cela n'est pas triste car très loin de notre propre culture et comme ce n'est pas triste pour les indonésiens et bien cela ne l'est pas pour nous non plus...

C'est l'heure de la rentrée à la maternelle

Village de Ke'te Kesu, très ancien


Il en faut beaucoup des bambous pour construire le toit.
Aujourd'hui la plupart des toits sont fabriqués en tôle pour des raisons de coût.



Les nouvelles tombes qui remplacent peu à peu les tombes dans le rocher

Ces tombes datent de plusieurs centaines d'années



Premier jour de funérailles dans un autre village, ces funérailles là dureront 7 jous


"Baby grave", l'arbre à bébé, réservé à la sépulture des bébés n'ayant pas encore
de dents. L'arbre est choisi pour sa sève blanche qui remplacera le lait de la mère.

Le village de Suaya, et ses tombeaux royaux, datant de plusieurs siècles, seuls les descendants de cette famille royale peuvent être mis dans ces tombeaux.




Probablement le roi et la reine.

Plus loin, dans le rocher, une autre sépulture avec des effigies plus récentes

Petite église Toraja dans la vallée

Le village de Lemo avec ses tombeaux de personnes de première classe. Un tombeau est dédié à une seule famille, laquelle famille vit dans un même tongkonan (maison traditionnelle).





Les corbillards, qui ne servent qu'une fois, sont laissés au pied de la tombe.



Ici, est creusée une nouvelle tombe dans la roche, cela prendra au moins 3 mois.
Pas moins de 4 personnes travaillent là, à creuser et à forger les pics qui servent
à creuser.

Forgeron fabriquant
les outils qui serviront à creuser la roche
Celui-ci s'était tapé sur un doigt en creusant
mais cela ne lui enlève pas son sourire.


Combat de buffles dans un autre village dont le nom m'échappe, ce combat est une introduction aux funérailles pour attirer un maximum de personnes. Les paris vont bon train bien qu'ils soient interdits.
Je tiens à préciser que pas une goutte de sang n'a été versée lors de ces combats, au moins ce jour-là, le buffle qui se sent vaincu part en courant à la première occasion.









Samedi 15 et dimanche 16 novembre


Ces 2 jours seront partagés entre randonnées dans la montagne et fête religieuse.
La fête religieuse sera commentée avec les photos qui suivent et sera interrompue par une grosse pluie de mousson vers 14h30.
Durant cette fête, j'ai goûté des légumes si épicés que j'ai pleuré pendant 5 bonnes minutes, je n'avais encore jamais testé quelque chose d'aussi violent en bouche. Ensuite, j'ai essayé le vin de palme "balok" et j'avoue que je n'ai pas vraiment aimé et qu'en catimini j'en ai jeté plus de la moitié... Goût vaguement pétillant et vinaigré.
Le soir du 15, nous logeons chez notre guide Luter et partageons son repas. Nous passerons la nuit dans la partie traditionnelle de sa maison, seule la chambre que nous occupons a quelque chose d'authentique.
Le repas est bon mais nous regrettons de ne le partager qu'avec Luter et son dernier fils.
Sa femme est restée à la cuisine et sur ses 5 enfants, seulement le dernier garçon mange avec nous, les 2 filles mangent tout à côté et nous ne voyons pas les 2 aînés. Nous espérions un échange plus intéressant.
Le matin, dès 6 heures, entre les 40 coups de cloche de l'église et le concert tonitruant donné par les coqs nombreux du village, nous savons qu'il est l'heure de se lever.
Après une toilette très rapide et un bon petit déjeuner composé de frites, pancake à la banane, mangue et thé, nous nous mettons en marche pour une randonnée de 15 km à travers les villages de montagne, nous avalons kilomètres et dénivelé. A 8 heures, nous transpirons déjà et quand nous arrêtons de marcher après 3 bonnes heures, nos vêtements sont à tordre.
Nous rejoignons Tengneng qui nous attend à l'orée d'un village et qui nous raccompagne à l'hôtel Indra, à Rantepao où nous allons apprécier une bonne douche.
Après un peu de repos, nous nous promenons dans la ville et je me laisse tenter par un massage, réflexologie plus massage facial, un vrai régal.
Le soir, bon dîner au restaurant le Mambo, le satay au buffle est excellent.

Le cochon est à l'honneur, quelques uns nourriront les participants
à la fête, les autres seront vendus et le bénéfice ira à l'église
Les porcelets sont protégés du soleil ardent par des palmes
et attendent leur nouveau propriétaire


Le repas se prépare, ici petits gâteaux de riz cuits
dans des feuilles de bambou



Dans ce grand cylindre de métal seront déposés les bambous remplis de viande, légumes et épices pour une cuissons à point.

Nous partagerons la table de cette famille. Ici on peut voir comment on extrait la viande du bambou après cuisson,
elle a un drôle d'aspect mais elle est très bonne.

La place du village sur laquelle la fête aura lieu
 

Petite parade















Fabrication d'un tongkonan



Demain, nous partons pour Tentena, un peu plus au nord, pour 2 jours.

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